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Construction

 
 
En 1949, le projet du téléphérique de l'Aiguille du Midi ne comporte encore que deux tronçons qui atteignent péniblement 2414 mètres (voir téléphérique des Glaciers). Dès cette date, Philippe-Edmond Desailloud, conseiller général de Chamonix, et le comte Dino Lora Torino, industriel turinois dans le textile, conjuguent leurs efforts pour relancer le projet.
 
Philippe-Edmond Desailloud
Le comte Dino Lora Totino
 
Le comte a déjà construit deux téléphériques : de Breuil (Cervinia) au Col Théodule et d'Entrèves au refuge Torino. Il fait appel à l'ingénieur turinois Vittorio Zignoli qui juge le tracé périmé et la technique dépassée... Il propose une idée révolutionnaire : construire un téléphérique entièrement nouveau depuis Chamonix. Il s'agira de relier Chamonix à l'Aiguille en deux tronçons et une seule gare intermédiaire au Plan de l'Aiguille, à 2310 mètres d'altitude. Mieux encore, le deuxième tronçon ne comportera aucun pylône, le câble s'élèvera d'un seul élan jusqu'au 3800 mètres du sommet. L'innovation est spectaculaire : 1500 mètres de dénivelé d'un seul tenant, c'est pure folie!

Les autorités administratives, dubitatives, déclarent qu'elles accorderont la concession si on réussit à tendre un câble entre le Plan de l'Aiguille et l'Aiguille du midi sans toucher le rocher.

 
Le 27 Juin 1949, grâce à la ligne de service de l'ancien téléphérique, un câble d'acier de 1800 mètres de long, pesant 1200 kilos est acheminé, en bobine, jusqu'au Col du Midi. La difficulté consiste à le transporter au sommet de l'Aiguille... à dos d'hommes évidemment. Des militaires et des guides, portant chacun une trentaine de kilos du câble, mettront deux jours pour franchir les 172 mètres du ressaut final. Au sommet le filin est enroulé sur un treuil ; reste à le dérouler jusqu'au Plan de l'Aiguille, 1500 mètres en contrebas. Sept guides, tous volontaires, payés au tarif normal d'une journée de guide, vont s'en charger : Paul, Gérard et Roger Demarchi de Chamonix ; Arturo Ottoz et Attilio Truchet de Courmayeur ; Fernandino Gaspard et Camille Pession de Cervinia. Ils descendent en rappel la face nord, en s'efforçant de passer le plus droit possible entre le couloir central et l'éperon Frendo, sans rester dans le couloir à cause des chutes de pierres. Il faut secouer le câble pour qu'il ne s'enfonce pas dans la glace et boucher les fissures du rocher pour qu'il ne s'y coince pas. Ils mettront neuf heures pour rejoindre le Plan de l'Aiguille. Pour tester sa résistance on laissera le câble une année complète dans la face nord.

 
La face nord
 
En 1950, Totino crée la Compagnie des téléphériques de la Vallée Blanche et, les dernières réticences ayant été vaincues par les exploits réalisés, le Crédit national accorde un prêt au département et à la commune, avec garantie de l'Etat. Le chantier démarre en 1951.

 
Un échaffaudage accroché au rocher

 
Plateau entre le col et l'aiguille pour les premiers matériaux

Des lignes de service sont établies de la Para au Plan de l'Aiguille, du Col du Midi au sommet de l'Aiguille. Une centaine d'ouvriers et techniciens, moitié italiens, moitié français, surnommés les "araignées du ciel", vont travailler six mois par an, quatre années durant.

 
Les pitons nord et central sont forés de part en part et une passerelle de 17 mètres les réunit. On ne compte plus les chutes spectaculaires, les accidents bénins ou graves causés par une opération aussi dangereuse. En 1953 le câble porteur du deuxième tronçon est tiré. Il pèse 45 tonnes, sa tension est assurée par un contrepoids de 50 tonnes réparti dans quatre puits, à 25 mètres de profondeur, au Plan de l'Aiguille. Le 22 Juillet 1954, une benne de service arrive au sommet de l'Aiguille, facilitant l'acheminement des matériaux.

Le premier câble porteur à la gare de départ de Chamonix

 
Ligne de service entre deux pitons de l'aiguille

 
Trois générations de cabines se sont succédées
 
Le 25 juillet 1954, le premier tronçon est ouvert au public, il comporte quatre pylônes dont un de 58 mètres. Un an plus tard, le 26 juin 1955, cinquante invités prennent la première benne et montent en vingt cinq minutes au sommet de l'Aiguille du Midi. C'est alors le plus haut téléphérique du monde.

Les bennes en duralumin sont tirées par trois câbles tracteurs ; elles peuvent transporter 80 personnes pour le premier tronçon, avec un débit horaire de 680 personnes, et 50 personnes pour le deuxième, avec un débit horaire de 500 personnes.

En 1972 le comte Lora Totino revendra la totalité de ses parts à Elie de Rothschild déjà propriétaire du Brévent.
 

 
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